En collaboration avec "Cambodian Living Arts", la compagnie continue à tisser des liens artistiques, humanitaires et amicaux avec le Cambodge. Elle s'engage pour deux ans sur un nouveau projet de création, nourri par l'expérience réussie du "Lotus et la Rose" (2009). 


© Remerciements particuliers au photographe Anders Jiras 

 

Notes d'intention côté français :

 

Comme nous avons pu l’expérimenter lors de notre précédent travail (2006 à 2009) avec des artistes cambodgiens (cie Sovanna Phum), la musique et la danse, que ce soit en tant que pratiques ou en tant que formes artistiques sont extrêmement éloignées des nôtres,

Et c’est ce qui rend la rencontre des deux cultures si intéressante.

Composer une pièce musicale qui associe des instruments occidentaux et des instruments orientaux, c’est mélanger des tons, des sonorités, des matières, qui à priori ne s’épousent pas simplement. C’est aussi faire travailler ensemble des instrumentistes qui ne pratiquent pas de la même façon, ce qui pose de vraies contraintes techniques : Quel mode? Quel tempo? Un tempo? Quelle écriture? Une écriture?

Ecrire une pièce chorégraphique pour des danseurs traditionnels cambodgiens et des danseurs contemporains français est une véritable gageure pour qui ne veut pas s’arrêter à une simple juxtaposition des disciplines. Pour éviter un « copié-collé », il faut mettre en oeuvre une démarche syncrétique, rendue possible par un travail en profondeur, et cela en amont du spectacle. D’où la nécessité de répartir notre partenariat sur deux ans.

En effet les danseurs contemporains situent leur démarche dans la recherche, le questionnement sur eux-mêmes, leur corps, leur relation à l’autre. Ils nourrissent ainsi une danse qui se construit au fil des expériences. Une danse qui n’est jamais tout à fait finie, tout à fait juste, ou tout à fait ce qu’ils voudraient qu’elle soit….
Les danseurs traditionnels cambodgiens ont une approche diamétralement différente. Leur danse est la traduction formelle, symbolique et codée d’une histoire ancestrale, immuable, pour laquelle leurs corps sont calibrés au millimètre. Tradition et transmission de celle-ci sont à la fois le moteur et l’objectif. C’est pour cela qu’il y a un réel intérêt artistique à faire travailler ensemble ces cultures si différentes.

 

Côté cambodgien :

 

Voici la lettre d'intention que nous a écrit Phloeun Prim, reponsable du Cambodian Living Arts (CLA) :

 

"Je voudrais vous faire part, par cette présente lettre, de notre intention de réaliser une coproduction entre Cambodian Living Arts et la compagnie de l’Oiseau Tonnerre. Cambodian Living Arts (CLA) est une association dédiée à la promotion de la culture et des arts cambodgiens. Cambodian Living Arts veut espérer que d’ici une dizaine d’années, le Cambodge sera un pays dont la richesse et la vitalité culturelles seront enfin reconnues et popularisées dans le monde entier.

Fort de cette vision nous travaillons afin que ces troupes, souvent avec un registre traditionnel, puissent développer des nouvelles créations artistiques. Le partenariat entre CLA et l’Oiseau Tonnerre répond parfaitement à cette mission de développement et d’échange.

Nous souhaiterions que les artistes cambodgiens qui travailleront dans ce projet puissent apprendre ce que d’autres pays font. L’échange culturel créé permettra a chacun de s’enrichir tant au niveau artistique, humain et professionnel.

Dans ce contexte, je suis très heureux que nous puissions entamer la mise en place de ce partenariat. Je reste à votre disposition pour discuter des détails du projet.

Cordialement

Phloeun Prim"

 

LA CREATION :


C’est le texte qui créera la thématique qui fera lien, qui donnera du sens et une cohérence à l’intégration de la danse, de la musique et du théâtre d’ombre.

Car les histoires, ou plus simplement la matière poétique, sont communes à toutes les civilisations. C’est à l’intérieur de celles-ci que l’on trouve les valeurs, les symboles, les principes fondamentaux, les mythes ancestraux, les blessures et les cicatrices des peuples.

 

A PROPOS DU THEATRE D'OMBRES :


Art majeur dans la tradition khmère, le théâtre d’ombres pourraient aussi prendre une place dans la création. Ce choix est aussi motivé par la rencontre avec Man Kosal (directeur artistique de Sovanna Phum) qui faisait partie du précédent projet en tant que musicien et chanteur.
L’utilisation de l’écran nécessaire au théâtre d’ombres pourra être détourné et servir de support à des projections graphiques, vidéo… Ces nouvelles contraintes liées à l’espace, la lumière et la manipulation d’ombres sont aussi de nature à enrichir la création.
A noter que la performance de danseurs manipulateurs existe déjà dans certaines créations (« Hanuman » de Sovanna Phum).

 

LES DERNIERES NOUVELLES :

 

Après une résidence de deux semaines au mois d'août à Phnom Penh , les artistes ont donné une représentation au centre culturel français. Cette représentation était le fruit d'un travail partagé avec des danseurs et musiciens khmers de Cambodian Living Arts et de Apsara Mékong. Une création pleine d'émotions pour nous : fragilité et en même temps affirmation de ces jeunes par la beauté des gestes, des regards et de la voix. Nous revenons plein de belles promesses pour la création à venir en France (2012).

 

Synopsis :

 

Une version qui peut bien sûr évoluer, s'enrichir...
"VOIX OFF"
Le point de départ serait « d’où vient que nous sommes différents des cambodgiens, dans notre tête, dans notre expression corporelle, dans notre manière de nous exprimer, dans notre expression individuelle par rapport à l’autre, aux autres ; dans notre rapport au monde…
Les chemins de la création sont multiples, et sans doute n’empruntons nous pas les mêmes, même s’ils aboutissent parfois à cette rencontre tant espérée.
C’est ce cheminement qui nous intéresse ; quel chemin conduit à l’autre ? par le dedans, par le dehors ? Cet itinéraire qui nous conduit sur les chemins de la découverte, de soi et de l’autre.
Comment je suis maître de mon destin, et comment je m’affirme au monde, avec cette petite voix du dedans, qui parfois se fait entendre au dehors.

 

>« Voix Off » tentera de faire entendre cette petite voix du dedans, si fragile et si forte à la foi, quand elle revendique sa propre identité.

>« Voix Off » mettra en valeur cette identité, liée à notre éducation, à notre culture, à nos croyances ; l’individu sera au cœur de la création : pourquoi danse-t-il ? pourquoi joue-t-il ? pourquoi parle-t-il ou chante t-il ?

 

« Pour appeler, pour partager, pour exister ? »

Pour reprendre les mots de Zéno Bianu qui accompagneront ce voyage :

« Dire, lire, écrire,

écrire ensemble

  • Pour réaccorder le souffle
  • Tendre un fil d’Ariane
  • Préparer l’intelligence à venir »

Loin de tout concept intellectuel, la démarche sera avant tout basée sur le « jeu » et « la rencontre ».

« VOIX OFF » fera simplement entendre, résonner, cohabiter, exister, ces voix, françaises et cambodgiennes dans le métissage des corps, de la parole (parlée ou chantée) et de la musique.

 

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